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Avec Platinium 3D, l’industrie montre qu’elle a toujours de l’avenir

« C’est la naissance d’un dispositif exceptionnel », lâche Frédéric Perissat, visiblement très heureux d’assister au premier symposium de la plateforme régionale de fabrication additive, Platinium 3D. Derrière ces termes « barbares » se cache un vrai projet. Et, le préfet des Ardennes a bien raison d’être fier de l’avancée de celui-ci. L’État a commandité début 2014 une étude sur la fabrication additive, les fameuses imprimantes 3D dont on a beaucoup entendu parler ces derniers temps.

« En douze mois, on a réussi à mettre autour de la table université, labo de recherche, pôle de compétitivité Matéralia, État, industries et les collectivités. C’est réellement inédit », se félicite Frédéric Périssat. Et pour cause, ce type de dossiers aux multiples interlocuteurs met en général des années à se concrétiser entre le manque de consensus et les lenteurs administratives. Mais pas pour Platinium 3D. L’enjeu est sans doute trop important. En effet, cette plateforme unique en France doit révolutionner l’univers de la fonderie. Sébastien Guenet, délégué territorial Ardennes de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) de la Champagne-Ardenne, confirme : « La plateforme utilise la technologie d’impression 3D pour réaliser des pièces. Certaines sont déjà en fonction sur des aéronefs, on n’est plus dans la science-fiction ». En effet, les fameuses imprimantes ne vont pas tarder à débarquer à Charleville-Mézières.

Une filière ingénieurs et une chaire industrielle

La première est prévue courant janvier, les deux autres arriveront en mars. Un peu plus de 3 millions ont été investis dans cette opération et ce n’est pas tout. 1,2 million est également dans les cartons pour « les moyens humains ». Sébastien Guenet assure : « Deux ingénieurs et un technicien vont être recrutés ». Mais Platinium 3D va beaucoup plus loin que ça.

Joël Berger, directeur du pôle de compétitivité Matéralia, se fait un plaisir d’en détailler les enjeux : « Nous souhaitons insérer dans le dispositif une fonction d’incubateurs d’entreprises pour faire émerger des start-ups. Une filière ingénieurs va aussi être créée ainsi qu’une chaire industrielle. » Celle-ci verra arriver des chercheurs de haut vol et travaillera avec des labos d’ingénierie autour notamment de l’élaboration de matériaux, de la modélisation de procédés… En somme, c’est un champ des possibles infinis qui s’ouvrent avec Platinium 3D puisque les technologies peuvent s’adapter dans tous les domaines. Une chose est sûre, avec cette « marque », le département sera à la tète de pont de la nouvelle grande région et peut-être plus.

Article signé VM, paru dans La Semaine des Ardennes du jeudi 10 décembre 2015